Musique & Langage

« Dire et chanter étaient autrefois la même chose », écrit Rousseau, reprenant une formule antique, dans son Essai sur l’origine des langues. On ne saurait dire en moins de mots, ni avec plus de force, la parenté naturelle qui unit musique et langage. Tout se passe comme si, à ses yeux, à partir d’une fonction unique, s’étaient séparés deux modes d’expression, l’un, le langage, utilisant l’instrument naturel que constituent les organes phonateurs – bouche, langue, larynx, etc. –, l’autre ayant recours à des instruments artificiels, plus ou moins complexes, mais toujours issus de l’industrie humaine : entre le pipeau taillé dans un roseau et la machine compliquée des tuyaux d’orgue, il n’y a au fond qu’une différence de degré, mais non de nature : il s’agit toujours d’un artefact, destiné à prolonger les capacités du corps, comme le marteau sert à la main pour frapper avec plus de force. Les différences ne s’arrêtent pas là : le langage articule des signes, la musique organise des sons ; quelle parenté peut-il y avoir entre ces deux activités ? Et si nous vivons dans un monde pénétré de part en part par le langage, qu’il soit parlé ou écrit, on ne saurait en dire autant de la musique, qui semble être une activité spécifique, pratiquée pour elle-même et pas seulement comme média, comme le langage qui est pour nous instrumental. Il n’est que de constater la différence entre les lieux : la musique a ses lieux privilégiés, salles de concert, opéras, auditoriums, où elle est produite pour elle-même à l’exclusion de tout autre effet sonore, alors que le langage est partout, dans la rue, dans le métro, dans les maisons, de façon quasi permanente. Il est vrai que, à notre époque, on pourrait dire aussi que la musique est partout, et presque envahissante : reste néanmoins qu’elle a des lieux de prédilection ; il n’en est pas de même pour le langage, qui, lui, n’est jamais le résultat d’une présentation pour lui-même, mais est toujours là, toujours présent et effectif dans la communauté humaine, même si de temps en temps des plages de silence interrompent son flot. Autrement dit : on va au concert pour entendre de la musique, on ne va pas en quelque endroit que ce soit pour entendre parler.« 

Monique Philonenko : Musique et Langage

Mohammad Rahim Khushnawaz : Naghma-ye kashâl, Râg Bihâg (0-9.57)

Mohammad Rahim Khushnawaz est un musicien afghan joueur de rabâb, le luth principal de la musique afghane.

Partho Sarothy – Prabhu Edouard : Raga Bhairav – Tarparan (9.57-30.26)

Prabhu Edouard est un joueur de tabla les plus éclectiques de sa génération, ce disciple émérite du célèbre maestro Shankar Ghosh a accompagné les grands noms de la musique indienne dont Hariprasad Chaurasia, Laxmi Shankar,V.G.Jog, Ashish Khan,…

Herbie Hancock : Vein Melter (30.26-39.10)

Herbie Hancock a été au cœur de quelques-uns des épisodes les plus décisifs de l’histoire du jazz. Auteur de certains thèmes qui comptent parmi les plus repris du jazz moderne au point de devenir de nouveaux «standards», il fut aussi l’un des pionniers de la lutherie électronique et de la fusion du jazz aux courants plus récents de la musique afro-américaine (funk, soul, rhythm’n’blues, hip-hop).

Sun Ra : Lanquidity (39.10-47.23)

Féru de cosmogonie et d’Égyptologie, cet activiste érudit luttait contre la ségrégation et croyait fermement que l’avenir de l’homme noir était dans l’espace. Pour l’y mener ? Son fabuleux Arkestra, vaisseau spatial au nom évolutif qui enregistra avec lui une bonne centaine d’albums.

Olivier Messiaen : LAscension for Organ (47.23-75.23)

Olivier Messiaen développe une forte personnalité et un langage musical très original. Il poursuit des recherches dans la rythmique hindoue et la métrique grecque, que lui avait faites découvrir son maître Maurice Emmanuel. Il se passionne toujours pour les oiseaux, dont il tirera de leur chant de très nombreuses compositions.

Bhimsen Joshi : Raag-s Chhaya & Chhaya Malhar (75.23-93.56)

Bhismen Joshi est réputé pour sa forme de chant Khayal ainsi que pour le chant dévotionnel des bhajans et des abhangs. Il a reçu sa formation en chant et en harmonium après de Shamacharya Joshi. Son grand gourour était Sawai Gandharva auprès duquel il s’est formé pour devenir l’un des représentants de la musique classique hindoustani.

Essa Kassimi : Rag Airi Bairo (93.56-113.08)

Chanteur classique et maître du luth à manche court rohbab est né à Kaboul en 1932 dans une famille de musiciens traditionnels célèbres. Son grand-père maternel Ustad Mohammed Kassem qui comptait autrefois parmi les musiciens les plus importants de la cour royale, est considéré comme l’un des fondateurs de l’art classique afghan. C’est lui qui enseigna à Essa Kassimi les techniques du chant, du tabla et du rohbab. De son père, Aga Mohammed, fameux chanteur classique, Essa Kassimi a appris la maîtrise de divers instruments, dilruba, sarangi et harmonium.

???? : Fanfare (113.08-end)

 

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