Emission 611 Teenage Jesus And The Jerks – 8 Eye Spy – Mars – DNA - UT - De la no wave new-yorkaise, Teenage Jesus And the Jerks, emmené par Lydia Lunch, signe l'un des premiers singles: l'électrisant « Orphans » / « Less Of Me » en compagnie du bassiste Gordon Stevenson et du batteur Bradly Field. La jeune Lydia Lunch, dont le groupe sera immortalisé par la fameuse compilation No New York produit par Brian Eno, sait déjà clairement ce qu'elle veut: incarner autre chose qu'une banale musicienne de plus. Sauf que, passer pour une artiste ne lui convient pas non plus – elle méprise les artistes....
A New York, en 1978, le rock se retourne contre lui-même, bien décidé à se démembrer, à éradiquer les jeunes pousses du punk. Parmi les premiers du genre: Mars. Si le fanzine Sniffin' Glue invitait quelques mois auparavant à monter un groupe à partir de trois accords, Conny Burg au sein de Mars n'envisageait pas même d'en connaître deux, puisqu'elle violentait sa guitare de manière déconcertante, en parcourant sans cesse le manche de haut en bas, comme elle l'aurait fait d'une slide jouée frénétiquement et sous amphétamine. Pat Place dans les Contortions procéda de la même façon, ainsi que Lydia Lunch avec Teenage Jesus. En résultèrent des concerts happenings plus nombreux que la seule poignée d'enregistrements laissés, véritables performances qui séduiront Brian Eno, de passage à New York afin de produire un album de Talking Heads.
Non sans avoir préalablement rappelé quelques vérités d'ordre musicologique sur le silence et le bruit, le critique Lester Bangs énumère ses condensés d'électricité favoris dans un article du Village Voice dantant de 1981. Y sont célébrés des classiques tels que « L.A Blues » des Stooges, Vincebus Eruptum de Blue Cheer et Metal Machine Music de Lou Reed évidemment, mais aussi des disque alors aussi peu connus que ceux des Germs, de Jad Fair, de Teenage Jesus And The Jerks, de Mars et A taste of DNA de DNA – soit, pour les trois derniers, des combos no wave s'attaquant de front à la complaisance du rock américain squattant les ondes dans les années soixante-dix. En fait, peu de précédents à ce mouvement salvateur existaient, en dehors de l'album Trout Mask Replica dans lequel Captain Beefheart avait tordu le cou du rock en inventant une grammaire nouvelle ayant essaimé dans les marges.
Comme Teenage Jesus And the Jerks, Ut n'a jamais charché à entretenir de relations particulières sur scène avec le public, pas même à l'agresser. Lydia Lunch militait pour la distance: « laissons-les juste nous regarder ». Afin d'y arriver les filles d'Ut avaient trouvé un truc génial: changer d'insturment à chaque morceau, comme on peut s'en faire une idée à voir le documentaire 135 Grand Street. Mis à part de rares mutli-instumentistes officiant souvent du côté du free jazz, un musicien joue d'un instrument spécifique en fonction duquel se construit une identité forte, voire sexuellement chargée.

La Playlist:
Teenage Jesus and the Jerks: Orphans - Burning Rubber - I Woke Up Dreaming
8 Eye Spy: Diddy Wah Diddy - Swamp / Run Through The Jungle - Lightning's Girl - I Want Candy
Mars: Helen Forsdale – Monopoly – Hariwaves - N.N. End
DNA: Little Ants - Blonde Red Head - New New - Lying On The Sofa Of Life - Grapefruit - Taking Kid To School - Brand New – Marshall - Calling To Phone.
UT: Confidential – (J) – Phoenix - Stain – Bedouin - Kcahsmahs (Spare Coconut) - Mouse Sleep - Evangelist – (J) - I.D. - Big Wing - Hotel - Shut Fog - Rummy – Fuel.
Bonne Ecoute...

Bibliographie :
Les Inrocks 2: 50 ans de Rock à New York, 2011
Musiques Expérimentales, Une anthologie transversale d'enregistrements emblèmatiques, Philippe Robert, Le Mot et Le Reste, 2011
Post-Punk, No Wave, Indus & Noise, Chronologie et Chassés-croisés, Philippe Robert, Le Mot et Le Reste, 2011

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